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Systèmes de connaissances…

Systèmes de connaissances traditionnelles

Troisième Forum annuel sur l’applicabilité et l’adaptabilité des systèmes de connaissances traditionnelles en conservation et gestion du patrimoine en Asie

Les connaissances traditionnelles et leur applicabilité à la préservation du patrimoine culturel se voient accorder une reconnaissance croissante par le discours international tenu sur le développement durable, le changement climatique, les catastrophes, et la résilience. Tenant compte de cette tendance mondiale, le Comité du patrimoine mondial a inclus dans ses Orientations l’utilisation des systèmes de connaissances traditionnelles pour la gestion des sites. Le secteur du patrimoine naturel est lui aussi très impliqué dans des activités connexes, et en Afrique, des institutions ont déjà commencé à récolter les informations relatives aux différentes régions du continent.

L’Asie est riche en pratiques éprouvées, et l’intégration de ces systèmes dans les discussions sur le patrimoine est opportune. Les systèmes de gestion traditionnels sont à même d’avoir un impact important sur la durabilité environnementale, sociale, et économique de la région. Ainsi, des pratiques anciennes peuvent contribuer à réduire les émissions de carbone lors de l’entretien d’un site patrimonial, et le maintien ou la renaissance des artisanats traditionnels ne garantissent pas seulement la transmission des connaissances d’une génération à l’autre, mais aussi la possibilité pour les artisans de gagner leur vie.

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C’est pourquoi l’ICCROM, en collaboration avec l’Administration coréenne du patrimoine culturel (CHA), a organisé son troisième Forum annuel, qui s’est focalisé cette année sur l’applicabilité des systèmes de connaissances traditionnelles à la conservation et à la gestion du patrimoine.

Du 14 au 16 décembre, les participants de la région se sont réunis à Bangkok (Thaïlande), afin de présenter 21 articles académiques examinant la littérature existante sur le sujet, les dépositaires des connaissances traditionnelles, comme les anciens des communautés, et les traditions orales. Les discussions ont également porté sur les moyens d’adapter et d’intégrer les connaissances traditionnelles à d’autres approches de conservation générales, et sur des exemples de groupes sociaux de la région qui conservent actuellement des systèmes de gestion anciens (comme le système du guti au Népal ou des subaks en Indonésie).

Parmi les grands thèmes abordés, on peut citer les contraintes liées à l’utilisation des connaissances traditionnelles dans la conservation et la gestion du patrimoine. Tout en reconnaissant l’utilité des traditions en matière de préservation des sites patrimoniaux et des moyens de subsistance, les institutions culturelles doivent également être conscientes des changements continus au sein de la société, et de la nécessité de mettre en avant les bénéfices dérivés du maintien de certaines pratiques. L’utilisation des progrès technologiques et celle des connaissances traditionnelles ne peuvent pas s’exclure réciproquement, de la même manière qu’elles ne doivent pas être séparées d’autres approches de conservation. La dimension sociale a également été abordée, dans la mesure où, souvent, la société ne reconnait pas les artisans comme il se doit, ce qui peut freiner certains qui auraient autrement embrassé un artisanat.

Les forums annuels et la publication de leurs comptes rendus bénéficient du financement généreux du CHA. Le Centre régional pour l’archéologie et les beaux-arts, le SEAMEO-SPAFA en Thaïlande, partenaire local de l’initiative, a fourni le soutien nécessaire et participé activement à la réunion.

Le programme s’articulait en trois parties :

  • L’inauguration officielle et la réunion publique, tenues à Bangkok le 14 décembre, dont l’ouverture a été déclarée par un représentant du Ministère thaïlandais de la Culture. L’événement incluait également des interventions de l’ICCROM, du SEAMEO-SPAFA, du CHA et de l’UNESCO Bangkok.
  • Deux jours de Forum ouverts aux invités internationaux (15-16 décembre).
  • La visite du site du patrimoine mondial d’Ayutthaya (17 décembre).

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George Abungu (Kenya) était invité à réaliser une présentation sur une initiative similaire tenue en Afrique. M. Stefano De Caro, Directeur général de l’ICCROM, et M. R. Rujaya Abhakorn, Directeur du SEAMEO-SPAFA, ont pris part aux discussions avec les autres participants. Étant donnée la richesse des nombreux systèmes de connaissances traditionnelles de la région, les participants ont exprimé avec enthousiasme leur soutien envers la poursuite de l’initiative et l’adaptation de ces systèmes, lorsque cela est possible, aux pratiques de conservation et de gestion actuelles. Les personnes présentes à la réunion ont convenu d’un cadre devant servir au rapport final et à des discussions plus approfondies.

Tirant parti de la présence sur place du Directeur général, l’ICCROM a également tenu une session informelle pour les Alumni de l’organisation venant de Thaïlande et d’autes pays de la région.